Pas de faute d’orthographe dans un écrit professionnel !

S’il est difficile d’échapper aux écrits dans notre vie quotidienne, c’est carrément impossible dans le monde professionnel. À un moment ou un autre de sa journée, chacun d’entre nous écrira quelque chose, quelques mots sur un post-it ou encore plus sûrement un SMS ou un mail. Ces derniers exemples montrent d’ailleurs que l‘écriture d’aujourd’hui est essentiellement numérique, du fait de l’omniprésence des ordinateurs, tablettes ou smartphones.
Mais s’il est bien une chose que le numérique n’a encore réussi à faire disparaître, ce sont les fautes d’orthographe.
Dommage, car dans le monde du travail, une faute d’orthographe n’est jamais une « coquille » ou une « erreur » : c’est une véritable atteinte à l’image de son auteur ou de l’organisation qu’il représente.

La faute d’orthographe : une affaire ancienne mais toujours d’actualité

En France, l’orthographe reste une affaire d’importance, sûrement à mettre en lien avec notre mémoire collective. Après tout, depuis un siècle et demi d’école obligatoire, l’orthographe est indissociable de nos années d’école primaire. C’est une norme sociale qui « incarne le respect du bien commun, à l’égal de la politesse, du bon goût ou d’autres qualités du vivre-ensemble ; […] sa maîtrise est un signe de distinction » (D. Manesse, D. Cogis dans « Orthographe, à qui la faute »?).

La preuve ? Lisez bien cette définition, certes ancienne, mais très révélatrice de la dimension sociale de l’orthographe dans la société française :

Bien écrire au travail, c'est éviter les fautes d'ortographe.
Longtemps, la « faute d’orthographe » fut… un manquement aux usages et bonnes mœurs. Rien que ça ! (source : cnrtl.fr)

Une personne avec une mauvaise orthographe ne serait donc ni estimable ni fiable. Un raccourci désuet, pensez-vous ?

En fait, pas vraiment. Il y a, en France, une « aura » de l’écrit bien orthographié ; c’est le signe par excellence de la valeur d’une personne ou d’une organisation. Une bonne orthographe les rend dignes de confiance. À l’inverse, les fautes d’orthographe nuisent fortement à leur crédibilité.

Dans une de ses présentations, l’organisme de certification en orthographe, Projet Voltaire, montrait que :

  • Les fautes d’orthographe divisent par deux les ventes sur les sites d’e-commerce.
  • Les fautes d’orthographe nuisent à la relation de confiance avec les clients.
  • 52 % des recruteurs cherchent les traces du candidat sur les réseaux sociaux, 71 % ont une opinion désagréable s’ils voient des fautes d’orthographe.

A bon entendeur :

  • Laisser des fautes d’orthographe dans un courrier, c’est donner à voir que vous ou votre entreprise n’êtes ni fiable ni sérieux.
  • Laisser des fautes d’orthographe dans un e-mail, c’est laisser penser à un manque de respect à l’égard de votre destinataire.
  • Laisser des fautes d’orthographe dans une lettre de candidature ou un CV, c’est laisser supposer que vous n’êtes pas consciencieux.

La présence de fautes d‘orthographe décrédibilise complètement un dossier de candidature

L’être humain est ainsi fait : il attribue plus de valeur à ce qui est en conformité avec ses attentes. Et les recruteurs et autres responsables des ressources humaines attendent toujours qu’un candidat fasse preuve d’une motivation certaine. C’est pourquoi, ils ne manqueront pas d’associer une candidature avec des fautes avec un candidat qui n’a pas été vraiment consciencieux dans la rédaction de son dossier.
Puis, viendra le temps de la suspicion : « Le poste ne l’intéresse pas suffisamment pour qu’il ait fait relire sa candidature ?« .
En enfin, celui du doute : « Quand il sera en poste, est-ce qu’il aura le le même manque de conscience professionnelle ?« .

Dans un billet précédent, j’ai déjà eu l’occasion de témoigner de l’impact négatif de la faute d’orthographe sur un recruteur. Ce que vient confirmer la chercheure en sciences de gestion, Christelle Martin-Lacroux, qui a montré que les fautes d’orthographe constituent une réelle « barrière à l’entrée« . Ainsi :

  • À expérience égale, les recruteurs rejettent exactement 3.1 fois plus un dossier comportant des fautes d’orthographe (lexicales et/ou grammaticales) qu’un dossier sans faute. La seule tolérance serait pour les fautes de frappe.

Nous voilà tous prévenus.

Un sourire pour finir 

Vigilance : la fôte est partout ! Aucun d’entre-nous n’est jamais totalement à l’abri des fautes d’orthographe. Même pas les services de notre premier ministre … qui ont oublié une règle de grammaire :

Bien écrire au travail, c'est éviter les fautes d'ortographe.
« nous les avons faites bouger » est incorrect : le participe passé « fait » suivi d’un infinitif est toujours invariable (Source : media4.20minutes-blogs.fr)

 

À bientôt !

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