Une bonne raison pour utiliser des mots courts

Si vous vous êtes un jour renseigné sur les bonnes pratiques en matière d’écriture de travail, ou bien si vous avez déjà participé à une formation sur les écrits professionnels, vous avez très certainement entendu ces deux recommandations : « Préférez des mots courts« . Je vous propose d’aller un peu plus loin et de découvrir pourquoi… Et donc pour cela, de passer par l’étape du « comment ». Comment lisons-nous ?

Je ne suis pas une experte de cette thématique, mais j’ai choisi de m’y intéresser parce que je suis convaincue que savoir comment on lit permet de comprendre comment il faut bien-écrire dans un contexte professionnel.

Dis-moi comment l’œil voit et je te dirais pourquoi choisir des mots courts

La fovéa est l'endroit où la vision est la plus nette et favorise la lecture des mots courts
La fovéa est située dans le prolongement de l’axe visuel de l’œil.C’est pourquoi, c’est l’endroit où la vision est la plus nette

La lecture commence par l’œil. Or, l’œil humain ne lit pas très bien. À cause de sa rétine qui se trouve au fond de l’œil, qui agit comme un écran de cinéma au fond d’une salle noire (en savoir plus). En effet, seul le centre de la rétine, appelée fovéa, est réellement utile à la lecture. Pour la bonne et simple raison, que la fovéa est la zone de la rétine où la vision des détails est la plus précise.

Au-delà de la fovéa, tout devient flou… Agrandir la taille des caractères ne change rien : quelles que soient leur taille ou leurs formes, seules les lettres dans la zone de la fovéa sont lisibles.

point de fixation et mots courts
Notre œil ne peut voir précisément que sur une portion très limitée du champ de vision, la vision étant totalement floue en dehors de cette zone. Autour du point de fixation, seules quatre ou cinq lettres sont vues avec une netteté de 100%. (Source : https://fr.wikibooks.org)

Puisqu’il ne capte que de façon imparfaite un texte, notre œil a développé la stratégie du scannage. Il se déplace par petits mouvements tous les deux ou trois dixièmes de secondes ; il parcourt un texte par saccades dans un mouvement de type fixation, déplacement, fixation, déplacement, etc. jusqu’à la fin de la ligne et continue à la ligne suivante. L’œil progresse dans le texte au rythme de sept à dix caractères par saccade.

Notre œil prélève de l’information uniquement quand il est arrêté, en mode « fixation ». La durée de la fixation est de l’ordre de 50 millisecondes, durant lesquelles l’œil saisit un (maximum deux) mots. A noter que l’œil appréhende d’un coup : trois ou quatre lettres à gauche du centre du regard et sept ou huit à droite (le plus grand nombre de lettres vues à droite se justifie par le sens de la lecture en occident. L’œil d’un lecteur arabe voit plus de lettre à gauche qu’à droite). Un bon lecteur perçoit la totalité d’une phrase en 4 à 5 points de fixation, soit une seconde.

Le fonctionnement de notre oeil quand il lit favorise les mots courts
L’œil lit par saccade dans un mouvement fixation-déplacement-fixation.Les saccades sont très brèves : 1/40ème de seconde, et la fixation (l’intervalle entre deux saccades) est d’environ 1/4 de seconde.

Lorsque notre regard se déplace (saccades), le centre de notre rétine (l’endroit qui voit « net ») atterrit plus ou moins au centre des mots (en fait légèrement plus à gauche).

  • Les mots très courts (1 à 3 lettres) sont identifiables, même en dehors de la fovéale. C’est pourquoi un lecteur expérimenté « saute » souvent les petits mots grammaticaux, les pronoms ou les auxiliaires.
  • Les mots entre 4 et 6 lettres restent aussi identifiables. Ainsi, nous le reconnaîtrons même si nous n’avons en vision nette que ses premières ou dernières lettres.
  • En revanche, les mots longs (6-10 lettres) ne peuvent jamais être identifiés en entier (puisque qu’en périphérie de la fovéa, les lettres sont floues). En fonction de l’expertise du lecteur, ils pourront être devinés grâce au contexte d’écriture. Mais souvent, une nouvelle fixation par la fovéa sera nécessaire.
    Exemple avec le mot :  déminéralisation.
comment l'oeil lit un mot de plus de 6 lettres
Le mot est composé de 16 caractères : l’œil va avoir besoin de deux fixations pour les interpréter. A chaque fixation, seules les trois lettres à gauche seront reconnues et 6 à 7 à droite.

Conclusion : un mot long ralentit la vitesse de lecture, ce qui peut contrarier le lecteur et l’inciter à ne pas « s’encombrer » d’un écrit qui, inconsciemment, sera trop compliqué à lire…

Dans mon prochain billet, je vous donnerai une autre raison d’utiliser des mots courts… à condition qu’ils aussi des mots concrets !

2 commentaires

  1. redoute

    Je voudrais faire un mail pour inviter des partenaires a une reunion

    Répondre
    • redoute

      Bonjour je voudrais un mail pour rappeler que la réunion est 9h00 à la salle dd

      Répondre

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