Écrire, c’est aussi utiliser la ponctuation

Le bon usage de la ponctuation : une garantie de lisibilité.
Écrire c’est ponctuer. Et ponctuer, c’est faciliter la lecture.

La ponctuation dans un texte est très souvent :

  • rare ou absente ;
  • mal placée ;
  • inadaptée ;
  • omniprésente.

Écrire c’est ponctuer.

Une ponctuation inadaptée ralentit le lecteur et l’empêche de comprendre facilement le texte. Oublier les règles de ponctuation dans une phrase, c’est prendre le risque d’être mal lu ou de ne pas être lu du tout par notre destinataire. En plus, la ponctuation est essentielle pour structurer ses phrases et les rendre lisibles.

J’ai écrit dans un précédant billet  que la longueur idéale de la phrase était de 20 mots en moyenne. Mais qu’est-ce qu’une phrase ? La phrase est « une unité linguistique qui présente un énoncé complet se suffisant à lui-même ». En d’autres termes, une phrase est une suite de mots qui a un sens. Au-delà de cette définition théorique, j’ai trouvé intéressante l’approche, plus pratique, de François Richaudeau dans son livre « Ecrire avec efficacité » (Albin Michel, 1992) :

La phrase […] est un ensemble matériellement délimité par deux signes de ponctuation forts. […] Les signes de ponctuation forts étant le point, les points d’exclamation et d’interrogation.

En effet, cette précision introduit un élément essentiel du bien-écrire dans le cadre de relations professionnelles : la ponctuation. La ponctuation est nécessaire à la bonne compréhension de l’écrit. La ponctuation est aussi indispensable à la construction de la phrase que les mots qui la composent. Un texte non ponctué est illisible. Un texte mal ponctué complique la tâche du lecteur.

L’exemple ci-après illustre bien comment la ponctuation peut changer tout le sens d’une phrase.

Un homme riche était au plus mal. Il prit un papier et un stylo pour écrire ses dernières volontés :
Je laisse mes biens à ma sœur non à mon neveu jamais sera payé le compte du tailleur rien aux pauvres.
Mais le mourant passa l’arme à gauche avant de pouvoir achever la ponctuation de son billet.
À qui laissait-il sa fortune ?
– Son neveu décide de la ponctuation suivante :
« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres».
– Évidemment, la sœur n’est pas d’accord. Elle ponctuerait plutôt le mot de la sorte :
« Je laisse mes biens à ma sœur. Non à mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »
– Le tailleur demande la copie de l’original et ponctue à sa manière :
« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres».
– Là-dessus, les gueux de la ville entrent dans la maison et s’emparent du billet. Ils proposent leur version :
« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur ? Rien. Aux pauvres ! »

Un autre exemple, très connu celui-ci. Ainsi, qu’a vraiment dit le Comte d’Auteroche lors de la bataille de Fontenoy (1745) ?

« Messieurs ! Les Anglais ! Tirez les premiers ! »
ou
« Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! »

Vous l’aurez compris : la ponctuation fait partie intégrante de l’écriture. Les signes de ponctuation constituent un code du lecture qui facilite la tâche du lecteur. En contexte professionnel, tout écrit doit respecter les règles de ponctuation (parfaitement expliquées et résumées ici).

 

Et vous, vous auriez envie de poursuivre la lecture d’un compte rendu* qui commencerait ainsi : « J’ai accueilli tout le monde comme ce jour-là il y avait plusieurs réunions je les ai emmenés dans une salle un peu à l’écart » ?

*Il s’agit d’un écrit authentique. Si vous avez des exemples vécus ou pas de phrases qui changent de sens à cause de leur place dans la phrase, n’hésitez pas à nous les faire partager !

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