Importance des fautes d’orthographe au travail

« Neuf mails sur dix comportent des fautes d’orthographe« , « En cinq ans, le pourcentage de Français maîtrisant les règles orthographiques a diminué de 6 % passant ainsi de 51 % en 2010 à 45 % en 2015« , « Les fautes dans un texte sont une marque de négligence ou celle d’un manque de considération » sont quelques exemples de titres de la presse parus dans le contexte de la réforme de l’orthographe (avril 2016).

Quoi que l’on pense de cette réforme, il est essentiel de garder à l’esprit qu’écrire dans un contexte professionnel est un acte de communication. Et que le plus important dans cette communication est de se mettre à la place de son destinataire.

Si celui-ci est un lecteur professionnel (ce qui est probable puisque lire fait partie de ses fonctions), les fautes dans un écrit de travail vont d’une part « heurter » son œil tout en ralentissant sa lecture, et d’autre part laisser un goût amer quant à l’intention de l’auteur : « il ne s’est même pas donné la peine de se relire » ou encore « elle croit quoi ? Que je ne suis pas capable de voir toutes ses fautes ? ». C’est évident : le monde du travail nous juge sur nos fautes à l’écrit.

 

Le monde du travail nous juge sur nos fautes à l’écrit

J’ai ainsi été particulièrement impressionnée par le reportage d’Envoyé spécial « Orthographe, le prix des fautes » que j’ai visionné en replay, et dont voici deux extraits saisissants :

    • le premier extrait montre comment, crayon stabilo à la main, un recruteur sélectionne  CV et lettres de motivation en y repérant les fautes, quelles qu’elles soient.

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Neuf lettres de candidatures sont jetées au panier pour cause de fautes : des fautes d’orthographe essentiellement, mais aussi des fautes de syntaxe ou de style. Les auteurs de ces lettres de motivation ratées ne seront jamais recontactés par l’entreprise.

    • le second extrait montre que l’on peut être licencié pour cause de fautes d’orthographe.

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Cet extrait se passe de tout commentaire.

Inutile de rêver. Ni vous ni moi ne serons champions de France d’orthographe avant longtemps. En même temps, ça tombe bien parce que cela n’est pas vraiment utile de maîtriser les 2 500 difficultés de la langue française (je tiens ce nombre du livre  » 101 dictées » de Bruno Dewaele, Champion du monde d’orthographe) pour rédiger un bon écrit de travail.

J’ai pris le parti de choisir une centaine de fautes qui me semblent être les mieux courantes dans les écrits utilitaires (en tout cas, ceux auxquels j’ai eu accès durant ma vie professionnelle). Ensuite, j’ai imaginé des textes écrits avec des fautes de toutes sortes : syntaxe, orthographe, grammaire, conjugaison, ponctuation, accent, présentation.

Je vous livre le premier d’entre-eux. Saurez-vous y trouver toutes les fautes qui y figurent ?

45 fautes courantes dans ce document…

Les 45 fautes de ce document sont des fautes que l’on rencontre très souvent en contexte professionnel. Le texte est assez court , d’une grande banalité et de difficulté moyenne :

  • C’est un texte utilitaire composé d’une vingtaine de lignes, soit 12 phrases.
  • Il y a 259 mots, tous issus du vocabulaire courant.
  • Les mots sont composés de maximum 4 syllabes.
  • Le raisonnement de l’auteur est facile à suivre (paragraphes, mots de liaison).

Mais… il y a des fautes de syntaxe, d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de ponctuation, d’accent et même de présentation (important puisqu’il s’agit d’une lettre professionnelle).

Jugez plutôt :

À l’intention de Mr Robert, Directeur Général

Monsieur Robert,

Tout d’abord, je m’excuse encore pour cette note tardive, que j’étais sensé vous remettre il y à déja plusieurs jours.

Suite à notre échange téléphonique, je vous confirme les excéllents retours des professionnels quand à notre challenge commercial. Quoi que le temps est été ingrat, se sont des journées pleines d’éffervescence qu’ils disent avoir vécu.

Cette parenthèse festive, devrait permettre de pallier aux difficultés de communication jusqu’ici ressenti et, j’espère , bousculer bien des à-prioris à l’égard de la direction. Si cela se confirme, j’organiserais un nouveau challenge l’année prochaine.

Au terme d’un parcours fatiguant pour tout le monde, a commencer par nos finalistes, c’est Emma et Adélaïde qui se sont distinguées. Elles n’ont rien laché. Au contraire, elles se sont démené jusqu’au bout pour remporter le prix “JOJOBA”.

Je tiens à souligné qu’elles ont aussi donné une vrai leçon de savoir vivre : après que les scores individuels aient été proclamés, aucune ne s’est attribué la victoire. Elles se sont mutuellement félicité, se sont échangées leurs dossards et… ont décidé de partager les 1200 euro du 1er prix !

Enfin, pour terminer, je vous rapelle, que la date de remise des prix est prévu le Samedi 20 juin prochain. Etant donnée la forte participation attendue, et de façon à ce que l’on organise au mieux votre acceuil, je vous serai gré de bien vouloir me confirmer votre participation – de préférence, par retour de mail-.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur Robert, l’expression de mes salutations distinguées.

 

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Pour faciliter une relecture attentive, n’hésitez pas à télécharger le document en format PDF ci-contre.

 

bien écrire au travail : attention aux fautes d'orthographe dans un écrit professionnel

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir les 25 premières fautes (avec leurs corrections… histoire de ne plus les refaire !).

Si l’orthographe vous inspire (ou pas), l’espace « commentaires » est le vôtre !

4 commentaires

  1. Léa

    Doit-on compter les fautes qui sont pourtant admises sans problème dans la langue courante (écrite et parlée) ? Ce sont en effet des fautes d’ordre grammaticales ou de syntaxes… mais, ne faut-il pas être bienveillant quant à celui qui nous écrit ?

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    • Selon moi, les seules fautes admises à l’écrit sont les fautes de frappe (de type inversion de lettres)… et encore : point trop n’en faut. En revanche, pas trop de soucis avec la ponctuation car peu de personnes en connaisse les règles. Ce qu’il faut comprendre, c’est d’une part que dans un monde du travail en tension, tout est bon pour départager les candidats : les fautes d’orthographe ont l’avantage d’être « objectives » (c’est juste ou pas). D’autre part, de nombreuses enquêtes montrent l’effet négatif des fautes d’orthographe pour la réputation de l’entreprise (manque de rigueur, manque de sérieux). Alors, je crois qu’il ne vaut mieux pas compter sur la bienveillance des organisations. Et les fautes admises à l’oral… doivent rester à l’oral !
      Amicalement.

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    • Marie

      La bienveillance dont vous parlez peut avoir des effets désastreux sur l’image d’une entreprise et entraîner des pertes de contrats et à terme des licenciements. Il faut donc être au contraire très vigilant sur ce point.

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      • Je comprends votre position. Et je suis d’accord avec vous dans le cadre documents institutionnels (émis par l’Entreprise ou l’Organisation ou encore l’Administration) qui doivent être totalement exempts de fautes : plaquettes ou sites internet par exemple. Sinon, je pense qu’il y a « faute » et « faute ». Et qu’effectivement, la faute de frappe ou d’inattention – isolée – (cette précision est d’importance) dans un courrier ou dans un mail mérite sans doute de la bienveillance ; ce qui n’est pas le cas de certaines fautes – les accords par exemple – pour le coup inacceptable dans un contexte professionnel.
        Enfin, vous mentionnez « des effets désastreux », ce qui me fait ajouter que l’importance de la faute d’orthographe est aussi à mesurer à l’aune de l’enjeu de l’écrit.
        Merci de votre contribution.

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